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Les produits Temu chez Galaxus : pourquoi l'obligation de recourir à un importateur unique ne doit pas rester lettre morte

06.07.2026


Début juillet, le magazine de consommateurs « Saldo » a révélé que Galaxus vendait des articles de cuisine de la marque Fischer, provenant à l'origine de la plateforme chinoise Temu, à un prix plusieurs fois supérieur à celui pratiqué sur cette plateforme. Un couteau à pommes de terre coûtait 14,90 francs chez Galaxus, contre 2,91 francs chez Temu ; l'importateur de Temu était d'ailleurs encore mentionné sur l'emballage. Suite à la demande des médias, Galaxus a retiré tous les produits de cette marque de son assortiment. 20 Minuten et le Tagesanzeiger se sont emparés de l'affaire.

La réaction instinctive de nombreux observateurs : « Problème lié aux places de marché, dropshipping, produits chinois. » Mais ce n’était justement pas le cas – et c’est précisément pour cela que cette affaire est si instructive pour le secteur du jouet.

Ce qui s’est réellement passé

Selon la déclaration publique d’Oliver Herren, cofondateur de Galaxus, un fournisseur suisse de longue date a acheté la marchandise chez Temu, l’a importée lui-même en Suisse, l’a stockée ici et l’a mise sur le marché à partir d’ici – il ne s’agissait donc expressément ni de dropshipping ni d’expédition directe depuis une place de marché. Ce qu’il a omis de faire : le contrôle obligatoire visant à vérifier si les produits étaient conformes à la réglementation suisse. Pour les objets en contact avec les denrées alimentaires, l’obligation d’autocontrôle s’applique en vertu de la loi sur les denrées alimentaires et de l’ordonnance sur les biens de consommation ; pour la plupart des autres biens de consommation, c’est la loi sur la sécurité des produits (PrSG) qui s’applique.

Cette affaire constitue donc une leçon sur une notion juridique souvent sous-estimée au quotidien : quiconque met un produit sur le marché suisse pour la première fois est considéré comme le premier importateur – et assume l’entière responsabilité de sa conformité. L’origine de la marchandise et le prix d’achat n’ont ici aucune importance. Un achat chez Temu ne dispense pas d’une seule obligation.

Ce que cela signifie pour les importateurs de jouets

La même logique s’applique aux jouets – comme le précise l’ordonnance sur la sécurité des jouets (OSJ, art. 19 à 21). Quiconque importe des jouets en Suisse et les met sur le marché dans ce pays doit notamment :

  • être en mesure de prouver la conformité (déclaration de conformité, documentation technique, rapports d’essai selon la norme EN 71 et suivantes),
  • respecter les obligations d’étiquetage (notamment l’adresse du fabricant, les avertissements dans les langues officielles),
  • garantir la traçabilité,
  • et vérifier activement ces éléments dans le cadre d’un autocontrôle – sans se contenter de se fier aux assurances du fournisseur en amont.

Une assurance du fournisseur selon laquelle « tout est conforme » ne remplace pas un contrôle effectué par soi-même. C’est précisément sur ce point que le fournisseur a échoué dans l’affaire Galaxus.

La position de l'ASJ

Cette affaire confirme ce que l'ASJ constate depuis longtemps : il existe un fossé entre les obligations légales et leur application effective. Même le plus grand détaillant en ligne suisse admet qu’avec un assortiment de plusieurs millions de produits, un contrôle sans faille n’est pas possible – et que de tels cas peuvent se reproduire. Il est donc d’autant plus important que la responsabilité soit imposée là où la loi l’attribue : à l’importateur initial.

Dans sa prise de position sur la révision partielle de la LSJ de juin 2026, l'ASJ s’est prononcée en faveur d’une application efficace des obligations d’autocontrôle, sans pour autant pénaliser les importateurs suisses respectueux de la loi par des taxes supplémentaires et des charges particulières. Il est à noter que Galaxus salue lui aussi publiquement la révision en cours de la LSJ. La demande d’une application efficace de la loi n’est donc pas un intérêt particulier de la branche du jouet, mais un consensus intersectoriel : il s’agit d’assurer l’égalité des chances, et non d’instaurer une nouvelle bureaucratie. La ASJ défend la même ligne de conduite dans la consultation en cours sur la loi sur la protection du climat (délai : 28 septembre 2026).

Vos processus d’importation sont-ils bien rodés ?

Pour les importateurs et les distributeurs de jouets, cette affaire est l’occasion de passer au crible leurs propres processus. La ASJ les accompagne dans cette démarche :

  • Liste de contrôle des obligations des premiers importateurs de jouets – aperçu concis des obligations selon l’ordonnance sur la sécurité des jouets (VSS) (pour les membres, dans l’espace membre)
  • Formation « Spécialiste de la sécurité des jouets » et cours de base sur la conformité des produits (prochain cours en avril 2027)
  • Renseignements individuels auprès du secrétariat : office@spielwarenverband.ch

Sources

  • Galaxus : « Galaxus vend-il directement des produits de Temu ? », prise de position d’Oliver Herren, 3 juillet 2026 – galaxus.ch
  • Saldo : « Galaxus vend des produits Temu à un prix plusieurs fois supérieur » – saldo.ch
  • 20 Minuten : « Galaxus vend des couteaux Temu cinq fois plus chers » – 20min.ch
  • Tagesanzeiger : « Galaxus vend des produits Temu cinq fois plus chers que leur prix d’origine » – tagesanzeiger.ch

Contact

Association Suisse des Jouets
Monsieur Sandro Küng
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